La psychanalyse du fer

Je parle de la psychanalyse du fer car la tôle d’acier me semble être un matériau proche de l’âme humaine. On peut la caresser, la flatter, provoquer en elle une faiblesse, lui imposer une tension, une pression, la tordre, la blesser, la réparer, la polir, la dépolir et en dernier recours la peindre pour cacher sa vraie nature.
La subtile technologie dont est issue l’acier s’apparente à l’éducation d’un humain dans la mesure où il n’y a rien de naturel de l’extraction à la transformation du minerai.  Comme un adolescent qui aussitôt libéré de l’emprise parentale va transgresser les principes inculqués, la plaque de tôle dès que vous la laissez livrée à elle-même va s’oxyder pour retourner le plus vite possible à l’état de nature, de minéral, de poussière. C’est en rouillant que la plaque de tôle accomplie sa résilience.
Fruit d’un accouplement du feu et de la pierre le fer essaye en s’oxydant d’oublier le traumatisme fusionnel qui l’engendra.

Goulven, à Toulon le 21/09/2019

A propos

Et si le plus fidèle des autoportraits était de photographier le fond de ses poches ?

Une réflexion que j’applique au portrait du sculpteur Goulven, dans un style de reportage singulier et innovant, sous forme de dioramas. Un portrait à l’image du sculpteur et de ses oeuvres, un portrait visant à stimuler l’imaginaire.

Goulven m’ouvre les portes de son atelier, ce laboratoire dans lequel il expérimente et créé.
Ses souvenirs, ses pensées créatives sont dissimulés ici et là, dans ses sculptures, dans les détails de cet établi où repose cette petite burette.

La sculpture porte le nom de Santa Maria, nom que portait le grand navire de Christophe Colomb.